— Dictionnaire des tapis · Pakistan
Au carrefour des influences persanes, mogholes et turkmènes, le tapis pakistanais s'est fait une spécialité : des laines parmi les plus soyeuses du monde, un nouage dense, et le fameux Bokhara aux güls alignés. De Multan à Lahore, six productions à découvrir.
— Sommaire · cliquez pour aller au tapis
I · Punjab pakistanais
L'icône du Pakistan : les güls octogonaux turkmènes alignés en rangées parfaites sur fond rouge ou bordeaux. Laine douce et soyeuse, nouage dense, fini velouté — le Bokhara pakistanais a conquis les intérieurs du monde entier.








II · Variante contemporaine du Bokhara
Le Jaldar modernise le répertoire Bokhara : güls plus anguleux, compositions resserrées, parfois rehauts dorés. Haute densité de nouage et finition élégante — le chaînon entre tradition turkmène et goût contemporain.
III · Mégapole du sud
Tournée vers l'exportation, Karachi produit des tapis aux motifs modernes et abstraits : neutres — gris, beige — relevés d'accents bleus ou dorés, matières parfois mixtes. La réponse pakistanaise aux intérieurs contemporains.








IV · Esprit tribal épuré
Inspiré des gabbehs persans : motifs minimalistes ou naïfs, couleurs naturelles terreuses, texture épaisse et moelleuse. Un tapis de confort à l'esthétique brute, parfait pour les espaces modernes ou rustiques.
V · Capitale culturelle, héritage moghol
Lahore, ancienne cité moghole, tisse le raffinement : dessins d'inspiration persane, rouge profond, bleu marine, vert émeraude, nouage fin. Ses pièces habillent les espaces formels avec une élégance classique.





VI · Sind
Floraux et géométriques complexes d'inspiration persane, rouge profond, beige et doré : Hyderabad mêle laine fine et soyeuse au coton pour des tapis denses, durables, au tomber luxueux.
— Histoire
Le tapis pakistanais naît avec le pays : lors de la partition de 1947, des milliers d'artisans musulmans d'Amritsar et des Indes s'installent à Lahore et relancent le nouage sur les terres de l'ancien empire moghol. Faute de tradition locale unique, ils réinterprètent : güls turkmènes pour les Bokhara, dessins persans pour les pièces fines.
Le boom vient dans les années 1960-1980, porté par une trouvaille : une laine mélangée d'une douceur exceptionnelle, dite « soyeuse », qui donne aux tapis pakistanais leur lustre caractéristique. Aujourd'hui, les Ziegler contemporains aux teintes douces dominent l'exportation — et habillent les intérieurs du monde entier.
Touchez-le : la laine pakistanaise, dite « soyeuse », a une douceur et un lustre immédiatement reconnaissables. Les Bokhara s'identifient à leurs güls en rangées parfaites — plus réguliers que leurs cousins afghans —, les Lahore à leurs dessins persans à la palette assombrie. Le nouage asymétrique, dense, donne un velours ras au tomber souple.
Depuis 1950, l'atelier Tapis Boeuf entretient ces laines soyeuses qui font la réputation du Pakistan. Notre nettoyage artisanal de tapis — à la main, au bain, pH contrôlé — ravive le lustre sans feutrer la fibre ; les laines fines relèvent du nettoyage des tapis en laine. Usure ou accroc : la restauration artisanale intervient à l'identique. Estimation d'une pièce : expertise avec avis verbal gratuit.
Devis gratuit →Un tapis aux güls octogonaux alignés en rangées symétriques sur fond rouge ou bordeaux, hérité des traditions turkmènes et produit principalement à Multan, au Pakistan. Sa laine soyeuse et son fini velouté en font l'un des tapis les plus diffusés au monde.
Le Pakistan reprend le nœud asymétrique persan, mais sa laine « soyeuse » au lustre marqué, ses güls turkmènes et ses palettes resserrées le distinguent. Les persans offrent une diversité de dessins et de centres bien plus large.
Dépoussiérage doux, rotation régulière, et nettoyage artisanal à la main tous les 3 à 5 ans pour préserver le lustre de la laine. Jamais de shampouineuse : elle feutre définitivement cette fibre soyeuse.
Continuer la lecture du dictionnaire des tapis d'Orient — ou découvrir le tapis afghan et le tapis indien.