Ce que l'eau fait à un tapis
L'eau ne salit pas un tapis : elle le transforme. Voici ce qu'elle laisse derrière elle, dans l'ordre où cela arrive — et chaque étape se voit à l'œil nu quand il est trop tard. Cette page traite le tapis mouillé ; s'il s'agit d'un incendie, le protocole est tout autre.
Des fibres gorgées d'eau
Un tapis noué absorbe et retient. L'eau ne reste pas en surface : elle traverse le velours — la surface nouée du tapis, celle que l'on foule —, atteint la trame, c'est-à-dire la structure tissée qui porte tous les nœuds, et s'y installe. C'est ce qui distingue un tapis d'une moquette ou d'un carrelage : l'humidité ne s'évapore pas, elle stagne au cœur de la pièce. Une trame gorgée d'eau perd sa tenue, et un tapis lourd d'eau se déforme sous son propre poids si on le suspend ou si on le tire.
Des couleurs qui migrent
La migration des couleurs, ou dégorgement, c'est une teinture qui quitte sa laine et se dépose sur la laine voisine : un rouge de bordure qui coule dans un champ ivoire, un bleu de médaillon qui bave sur son contour. Après une journée entière dans l'eau, le risque de migration est d'environ 90 %. Frotter accélère tout : c'est le geste qui fait le plus de dégâts, et c'est aussi le premier réflexe de presque tout le monde.
La moisissure qui s'installe
Au bout de deux à trois jours d'humidité, le risque qu'un tapis commence à moisir est d'environ 95 %. La moisissure ne se contente pas de tacher : elle s'attaque à la trame et la rend cassante, au point qu'une simple manipulation suffit à rompre la pièce. D'où la consigne, dès ce stade : manipuler à plat, ne pas plier, ne pas tirer sur les franges. C'est le seuil qui change la nature du chantier.
L'Anses rappelle que les moisissures du logement aggravent les troubles respiratoires, en particulier chez les enfants, les personnes asthmatiques ou immunodéprimées : évitez de manipuler longuement un tapis moisi et aérez la pièce.