C'est la famille la plus fournie de la collection. Au centre, une figure au contour arrondi, losange ou ovale, posée sur un champ semé de fleurs et de rinceaux, ces tiges végétales qui s'enroulent les unes dans les autres. Deux noms reviennent dans ce répertoire : le shah abbasi, la grande palmette héritée des ateliers de cour safavides, et l'islimi, l'arabesque qui court entre les fleurs. Autour, une bordure principale encadrée de bordures plus étroites, qui tiennent le dessin comme un cadre tient un tableau. Ce médaillon-là, Ghoum ne l'a pas inventé : la ville l'a repris à Kashan, à Ispahan, à tout le répertoire persan, et l'a noué plus fin.
Un semis n'a pas de centre : le motif se répète d'un bord à l'autre, ce que le commerce appelle un dessin all-over. Deux variantes se croisent ici. Le mille-fleurs couvre le champ d'un semis dense de petites fleurs, sans hiérarchie, sans point d'appel. Le boteh est cette amande à pointe recourbée que l'Europe rebaptisera cachemire en copiant les châles du Nord de l'Inde. Un semis se juge autrement qu'un médaillon : on regarde la régularité de la répétition, parce que c'est là que la main se voit — un rang qui dérive, un motif qui grossit sur la moitié haute, et plus rien ne le rattrape. Nos pièces de laine kork portent le boteh, et ce n'est pas un hasard : c'est le motif le plus souvent associé à Ghoum dans les sources françaises.
Cavaliers lancés derrière un lion, gazelles arrêtées net, personnages assis, cartouches de poésie en haut du champ : le tapis figuratif est ce que beaucoup viennent chercher sous le nom de Ghoum, et c'est précisément ce qui manque le plus souvent en boutique. Une scène ne s'improvise pas au métier. Elle demande un carton — le dessin tracé à l'avance sur papier quadrillé, que le tisserand suit case par case, une case par nœud. Et elle demande un nouage assez serré pour qu'un visage tienne dans quelques millimètres : à nouage lâche, le cavalier devient une tache. C'est pour cela qu'on trouve ces tapis à Ghoum, et rarement ailleurs à ce degré de finesse.
Deux façons de faire entrer un jardin dans un tapis. L'arbre de vie monte du bas du champ, ses branches se peuplent d'oiseaux et de bêtes — le persan appelle gol o morgh, « la fleur et l'oiseau », ce couple qui revient dans tout le décor iranien, du carreau de faïence au tapis. Le jardin en cases, dit aussi quatre saisons, découpe au contraire le champ en panneaux, chacun avec son parterre, comme les carrés d'un jardin vus d'en haut. Ces dessins-là ont un haut et un bas. Posé dans le mauvais sens, l'arbre pousse à l'envers — et c'est une des raisons pour lesquelles beaucoup de Ghoum finissent au mur plutôt qu'au sol. La question se pose avant l'achat, pas après. Clôture du bloc C > Le répertoire de Ghoum ne s'arrête pas à ces quatre familles : le zil-i sultan, ces deux vases > fleuris superposés, le herati et les tapis de prière en font partie. Toutes nos pièces ne sont > pas encore en ligne — dites-nous le dessin que vous cherchez. ---
Ce sont les compositions qu'on rencontre le plus souvent dans la galerie ; chaque fiche indique la sienne. Toutes nos pièces ne sont pas encore en ligne.