Tabriz nº 1018 000 €
370 × 265 cm · 50 Raj · laine kork
Le tapis Tabriz vient du nord-ouest de l'Iran, dans la province d'Azerbaïdjan oriental. Ses ateliers ont produit, après 1850, les premiers tapis persans tissés pour l'Europe. On reconnaît un Tabriz à son nœud symétrique, à sa laine kork — celle du cou et du ventre de l'agneau — et à ses médaillons au trait fin. Ceux de la galerie Tapis Boeuf sont noués main et teints végétalement.
Pièces uniques · dimensions et prix
Prendre rendez-vous au showroomNoués à Tabriz, au nord-ouest de l'Iran. Choisis un par un, lavés à l'atelier avant d'être publiés.
Médaillons centraux, dessins Mahi, arbres de vie et semis floraux, mêlés : chaque pièce porte ses dimensions, sa finesse en Raj, sa datation et son prix. Toutes nos pièces ne sont pas encore en ligne.
Les pièces « sur demande » restent affichées tant qu'aucun prix n'est saisi.
Couleur dominante le fond du tapis
Contient la couleur fond ou motif








































































12 sur 24
La Perse ne noue pas partout de la même façon. Chaque ville a sa laine, son nœud et sa manière de dessiner — voici les voisines du Tabriz.
Et si vous cherchiez ailleurs ?
Ces deux tapis mesurent exactement 9,8 m² l'un et l'autre. Ils sont du même quart de siècle. Ils portent le même nom. Voici tout ce qui les sépare.
L'âge ne joue presque pas ici — cinq ans d'écart, deux tapis de la même génération. Ce qui creuse les neuf mille euros tient en trois lignes du tableau.
La densité, d'abord. Deux cent soixante-quinze mille nœuds de plus au mètre carré, soit près de trois millions de nœuds supplémentaires sur la pièce entière. Chacun a été noué à la main. C'est du temps de métier, et c'est le poste le plus lourd, très loin devant les autres.
La soie dans le velours, ensuite. Le velours est la surface sur laquelle on marche. Celui de droite mêle la laine kork — la laine fine du cou et du ventre de l'agneau — à de la soie, qui accroche la lumière autrement selon l'angle où l'on se tient.
La fondation, enfin. Sous le velours, la chaîne (les fils tendus sur le métier) et la trame (les fils croisés qui les tiennent). En coton des deux côtés, mais additionnée de soie à droite : une fondation plus fine autorise un nœud plus serré, donc un dessin plus précis. C'est ce qui rend les 60 Raj possibles.
Le format, lui, n'explique rien : les deux font la même surface. Il fait monter la facture totale, jamais le prix du mètre carré — sur cette page, les deux plus grands tapis sont même les moins chers à cette mesure.
Les prix affichés ici vont de 5 070 à 27 380 €. Quelques pièces ne portent pas de montant : elles se regardent sur rendez-vous, et le prix se donne de vive voix.

Une figure au centre, souvent en amande, posée sur un champ de rinceaux — ces tiges végétales qui s'enroulent les unes dans les autres — et quatre écoinçons, les motifs qui viennent remplir les angles. C'est le dessin qui a fait connaître Tabriz en Europe, et celui qu'on croise le plus souvent ici.
Mahi veut dire poisson en persan. Le dessin tient dans un losange : une petite rosette au cœur, quatre feuilles recourbées autour, qu'un œil habitué finit par lire comme des poissons. Son autre nom, herati, vient de Hérat. Attention quand même : un Mahi n'est pas forcément un Tabriz, et le dessin se noue jusqu'en Afghanistan.
Ici le champ cesse d'être un décor : c'est une image. Un tronc part du bas, les branches montent, des oiseaux se posent, des bêtes traversent. Le tapis se regarde alors dans un sens, comme un tableau. Le plus ancien de ceux-ci a été noué en 1890.
Un semis, c'est un motif qui se répète sur toute la surface, sans rien au centre pour attirer l'œil. L'avantage est concret : le tapis se pose dans n'importe quel sens, et un pied de canapé posé dessus ne vient couper aucune figure.
Le répertoire de Tabriz ne s'arrête pas là — chasse, jardins compartimentés, niches de prière, dessins de vase. Ce sont les quatre que l'on croise le plus souvent dans la galerie ; chaque fiche indique le sien.
Après le milieu du XIXe siècle, Tabriz relance sa production et se tourne vers l'exportation : les premiers tapis persans fabriqués pour l'Europe sont sortis de ses ateliers. Les marchands européens venaient y commander les dessins, et jusqu'aux couleurs — ce qui explique une bizarrerie utile à connaître : le Tabriz n'a pas de gamme colorée aussi reconnaissable que d'autres origines persanes. Sa palette a été façonnée par la demande européenne autant que par la tradition locale.
La ville n'avait pas attendu le XIXe pour compter. Tabriz devient capitale de l'État safavide en 1501, quand Shah Ismaïl Ier s'y installe ; le pouvoir part à Qazvin en 1555, sous Tahmasp Ier, pour s'éloigner de la frontière ottomane. Le Metropolitan Museum of Art de New York conserve un grand tapis à médaillon qu'il décrit comme fait à Tabriz pour ce même Tahmasp.
Deux reconnaissances plus récentes, faciles à vérifier. Le bazar historique de Tabriz est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juillet 2010, et des sections entières y sont consacrées au tapis. Le World Crafts Council, lui, a désigné Tabriz « ville mondiale du tissage de tapis » en octobre 2015.
Tabriz n'est qu'une des villes de tissage de la Perse : la galerie des tapis persans les réunit toutes, et le dictionnaire des origines persanes raconte ce qui les sépare.
Un arbre de vie se lit du bas vers le haut. Le tronc part de la lisière basse — la lisière, c'est le bord long du tapis, renforcé au fil pour tenir dans le temps —, les branches s'ouvrent en montant, et le dessinateur y installe ce qu'il veut : des fleurs, des oiseaux posés, parfois des animaux qui traversent le champ. Le tapis se regarde alors dans un sens, comme un tableau.
Les décors relevés comme typiques de Tabriz sont les motifs floraux, le médaillon central, les arbres fleuris et, parfois, des animaux. Le figuratif y a donc sa place, ce qui n'est pas le cas partout en Perse.
Celui de 1890 fait près de dix mètres carrés, noué très serré, avec des arbres et des bêtes dans le champ. Le tapis de 1939 est beaucoup plus petit : rien que des oiseaux. Celui de 1944 garde la structure de l'arbre, mais reste floral. Ils rejoignent nos pièces d'avant 1950.
Le Raj est un comptage. Il donne le nombre de nœuds alignés sur sept centimètres de largeur : un tapis annoncé 60 Raj en porte soixante sur cette longueur. Plus le chiffre monte, plus le dessin peut être précis, parce qu'il y a davantage de points pour le tracer.
Voilà pour la définition. Ce qui suit est moins connu, et c'est le plus utile : aucun organisme ne certifie la conversion du Raj en nombre de nœuds au mètre carré. Le même « 50 Raj » est annoncé entre 500 000 et 600 000 nœuds au mètre carré par le commerce français, et les encyclopédies en ligne donnent d'autres chiffres — parfois deux valeurs différentes sur une même page. Il n'existe pas de barème officiel, et personne ne le dit.
Le calcul, vous pouvez le faire vous-même, et c'est le seul qui ne triche pas. Cinquante nœuds sur sept centimètres, cela fait un peu plus de sept nœuds par centimètre ; élevé au carré, cela donne une cinquantaine de nœuds par centimètre carré, soit de l'ordre du demi-million au mètre carré. Un ordre de grandeur, pas une norme.
D'où la seule question qui tranche, au moment d'acheter : demandez le nombre de nœuds au mètre carré, compté au dos, plutôt que le Raj annoncé. Sur chaque fiche de la galerie, les deux chiffres sont écrits.
Le revers · Tabriz nº 05, vers 1965
Cinq contrôles, dans l'ordre où on les fait quand le tapis est déroulé devant soi.
Retournez-le. Sur un tapis noué main, le dessin se lit au dos nœud par nœud, avec de petites irrégularités qui viennent de la main du noueur. Un tapis fait à la machine a un dos régulier, sans accident, et souvent doublé d'une toile qui empêche justement de regarder. Ce contrôle prend cinq secondes et il écarte la plupart des mauvaises surprises.
Tabriz noue symétrique, au nœud dit turc : le brin de laine fait le tour de deux fils de chaîne et ressort entre les deux, à parts égales. Le reste de la Perse noue plutôt asymétrique. Ce n'est pas un détail d'érudit, c'est un héritage — Tabriz est le chef-lieu de l'Azerbaïdjan oriental, en pays azéri.
La laine kork est prélevée au cou et au ventre de l'agneau, la partie la plus fine de la toison. Un velours en kork se reconnaît à la main : plus souple que la laine du dos de l'animal, plus lustré quand la lumière rase. C'est un vrai argument — à condition qu'il soit écrit sur la fiche du tapis, et pas seulement prononcé en boutique.
Un Tabriz de bon niveau tient ses courbes. Les rinceaux ne partent pas en marches d'escalier, les contours des fleurs restent nets : c'est la finesse qui permet ça, et ça se voit à un mètre. La couleur, elle, ne vous dira rien. Comme les marchands européens en commandaient les teintes au XIXe siècle, cette origine n'a pas de gamme aussi identifiable que d'autres. Un critère qui manque, et il vaut mieux le savoir que de le chercher en vain.
Une seule chose : que la matière du velours soit écrite noir sur blanc. « Art silk », « soie de bambou », « soie de banane » désignent de la viscose, pas de la soie, et ces mentions circulent largement. Chez nous, la soie annoncée est de la vraie soie, et le velours est décrit ligne par ligne sur chaque fiche — voyez nos tapis de laine rehaussés de soie.
À gauche ce que l'annonce raconte. À droite la seule question qui tranche.
Tabriz d'IranLe vrai
Ce que dit l'annonce« Tabriz »
Ce qu'il faut demanderLe nombre de nœuds au m², compté au dos
Indo-TabrizNoué en Inde
Ce que dit l'annonce« Tabriz » — le préfixe saute
Ce qu'il faut demanderLe pays de nouage, écrit
Sino-TabrizNoué en Chine
Ce que dit l'annonce« Tabriz » — le préfixe saute
Ce qu'il faut demanderLe pays de nouage, écrit
Mahi hors TabrizUn dessin, pas une ville
Ce que dit l'annonce« Tabriz Mahi »
Ce qu'il faut demanderLa ville de nouage, pas le nom du motif
Tapis « Tabriz » à 53,91 €Ni noué main, ni persan
Ce que dit l'annonce« Tapis Tabriz persan »
Ce qu'il faut demanderRetourner le tapis. Le dos ne ment pas.
Même prudence avec « signé » et « Hadji Jalili ». Une signature tissée dans la bordure se copie : c'est du fil, pas un poinçon. Aucune pièce de notre galerie n'est présentée comme signée, et nous n'attribuons aucun de nos tapis à Hadji Jalili. Quant à « teint naturellement », la mention est courante et souvent creuse : tous nos tapis sont teints végétalement, aucune teinture chimique — garance, indigo.
Chaque tapis est choisi un par un, jamais par lot. Il arrive ensuite à l'atelier de Sartrouville, où il est dépoussiéré, lavé à la main et vérifié avant d'être mis en vente — les pièces importées comprises, sans exception. Ce n'est qu'après ce passage qu'il est photographié et publié. Toutes nos pièces ne sont pas encore en ligne.
Ce que vous ne trouverez pas ici : du tapis machine, du tufté. Uniquement du noué main, teint végétalement. L'atelier a été fondé en 1950 et la maison en est à sa quatrième génération — c'est aussi pour ça qu'on préfère vous montrer un tapis déroulé plutôt que vous l'écrire.

Un Tabriz que vous possédez déjà passe par le même atelier que ceux de cette page. Voici les trois portes les plus empruntées.
Entretenir la pièce dans le temps
La laine kork se lave à l'eau claire, à plat, sans machine. Nous expliquons le déroulé pas à pas.
Comment nous lavons un Tabriz
Reprendre une lisière ou une frange qui s'ouvre
Une lisière qui lâche s'arrête vite. Attendre, c'est laisser le velours partir avec elle.
L'atelier de restauration
Faire estimer un tapis que vous possédez déjà
L'avis verbal est gratuit. Le certificat écrit commence à 100 €, pour une assurance ou une succession.
Faire expertiser
Sartrouville · à 15 minutes de Paris
Aucune photo ne rend le poids de la laine, ni la façon dont le lustre se déplace quand on tourne autour du tapis. Un écran cale la couleur une fois pour toutes ; la laine, elle, change de ton entre le matin et le soir. Nous déroulons la pièce devant vous, au showroom sur rendez-vous, ou chez vous.